Iqaluit, est-ce pour vous?

Par Simon Houle

Tous ceux qui habitent Iqaluit depuis longtemps ont déjà entendu une phrase du genre : « Je suis venu ici pour deux mois, il y a maintenant 20 ans! » La capitale nunavoise, certes attrayante pour plusieurs gens du Sud, parvient à retenir certains qui se fondent dans la communauté et en deviennent des membres à part entière.

Or, le roulement de personnel est un problème persistant au Nunavut. Beaucoup viennent, goutent et repartent parfois avec un gout amer et une impression de promesses non remplies. Quelques-uns de ces départs précipités pourraient être facilement évités. Voici un petit questionnaire sans prétention pour connaitre votre degré d’ « Iqaluitisation »! Guide à l’intérêt de ces nouveaux arrivants qui débarquent, bon an mal an, avec leurs rêves et leurs inquiétudes.

Vous n’avez simplement qu’à répondre aux questions suivantes par oui ou non.

J’ai besoin de ma famille et de mes amis sur une base régulière.

Oui : Il faudra vous y faire, les visites seront rares. Vos amis vous aiment beaucoup, mais un peu moins qu’un tout-inclus à Cuba d’une semaine pour le même prix.

Non : Il est facile de rencontrer des gens à Iqaluit, suffit de s’impliquer un peu. En réalité, très rapidement vous n’aurez plus de temps juste à vous et vous allez devoir le planifier des semaines en avance.

Le mauvais temps m’affecte psychologiquement.

Oui : Règle non écrite, on ne parle pas de température sur les réseaux sociaux avant un bon -50°C ou un blizzard à couper les chiens en deux. Se plaindre de la température n’a aucune incidence sur elle. Il faut l’accepter et sortir l’apprivoiser.

Non : Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que le climat arctique. Et il permet de faire un tas de choses impossibles ailleurs.

Je suis ici pour faire un coup d’argent.

Oui : Rien de mal là-dedans, mais il ne faut pas se priver des opportunités locales et compter les jours avant notre départ. Se priver d’une sortie en traineau à chiens sur la baie de Frobisher par une belle journée de mai simplement pour épargner quelques dollars de plus est un peu triste.

Non : Vous risquez d’en faire un quand même, alors à quoi bon s’inquiéter! Prendre un "selfie" avec une bouteille de jus au Northmart est amusant la première semaine, mais on en revient vite des prix démesurés.

Je ne supporte pas les délais et tout doit fonctionner tel que prévu.

Oui  : Vous allez attendre. La poste, la bureaucratie, la connexion Internet, le « mass registration » et vous entendrez souvent, accompagnée d’un long soupir d’exaspération la phrase qui résume tout : « Seulement à Iqaluit! »

Non : Le Toonik Tyme est pour vous!

J’aime magasiner et être tendance.

Oui : Un Inouk souriant vous vendra un imprimé et vous finirez vos soirées sur Amazon.

Non : Le magnétisme de la toundra et des aurores boréales vous raviront.


Plus vous avez répondu de fois « oui », plus le séjour sera court. Iqaluit n’est tout simplement pas pour vous. Vous aurez au moins le mérite d’être venu essayer. Plus vous avez répondu de « non », plus le séjour risque de se prolonger. Vous êtes prédisposé à aimer l’endroit, mais il faut se concentrer sur l'équilibre de l’expérience. Un évènement négatif ne doit pas avaler tout le positif.

Ce petit exercice se veut humoristique, mais lorsque vient le temps de prendre la décision de déménager dans le Nord, on n’est jamais trop informé. La différence entre une belle expérience enrichissante et un triste écueil ne tient parfois qu’à un fonctionnaire compréhensif ou un autre moins compétent. Ceux qui restent ne se sont jamais découragés par la mécanique locale. Ils apprennent à jouer le jeu avec les cartes du Nord. Le dépaysement n’est pas uniquement une question de présence d’arbres ou de culture inuite. Il y a réellement une manière nordique de faire les choses. Pour la comprendre, il faut laisser un peu de « Sud » derrière nous! Pour vous aider : http://www.csfn-guide.info/index.php

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